Ema Krusi et Lilou Macé échangent sur la maternité, le quotidien des mères, la charge mentale, l’équilibre familial et les réalités de la vie après la naissance.

Maman à 100 à l’heure

August 11, 20267 min read


Projet de naissance : pourquoi la personne qui t'accompagne change tout

J'ai eu la chance d'échanger longuement avec Lilou Macé, et elle a partagé quelque chose de rare : le récit de son accouchement, sept ans après.

Lilou voulait un accouchement doux, à la maison, dans son environnement, avec son compagnon pleinement présent. Son corps, lui, savait faire.

Ce qui a fait basculer son projet de naissance, ce n'est pas son corps. C'est la personne qui l'accompagnait.

Et son histoire dit une chose que je répète souvent : choisir qui te tient la main le jour J compte autant que le lieu où tu mets ton bébé au monde.


Femme enceinte debout en robe claire devant un mur terracotta, illustrant la grossesse, la maternité, la confiance en soi et la naissance physiologique.

Un bébé en siège à sept mois, et une confiance qui se fissure

À sept mois de grossesse, le bébé de Lilou s'est présenté en siège. Et là, quelque chose s'est fissuré.

La sage-femme qui devait l'accompagner à domicile lui a proposé des manœuvres assez radicales pour retourner le bébé. Lilou a senti quelque chose de forcé, à contre-courant de son projet, et une facette beaucoup moins douce chez cette personne. Elle ne se sentait plus en confiance.

Je veux rassurer les femmes qui liraient ça, parce que c'est un grand classique. À sept mois, un bébé en siège n'est pas une urgence. On a le temps. Beaucoup de femmes accouchent par voie basse d'un bébé en siège, et il existe différents cas de figure.

Dans notre accompagnement, on a régulièrement des bébés en siège à sept mois, et à chaque fois la panique monte. À chaque fois, je rappelle la même chose : on a le temps. Ce qui est utile, en revanche, c'est de prévoir un plan B pour ne pas décider dans l'urgence.


Femme enceinte accompagnée de son conjoint lors d’une consultation médicale, illustrant le suivi de grossesse, les choix autour de l’accouchement, le consentement et la place du couple.

L'hôpital n'était pas le problème

Comme sa fille est restée en siège, Lilou a fait le choix d'accoucher à l'hôpital. Et je tiens à le dire, parce que ça compte : l'hôpital n'a pas été l'ennemi de son histoire.

Elle a accouché dans un grand CHU, mais dans un espace qu'elle a décrit comme doux et bienveillant. Elle a pu mettre sa musique, se mettre à quatre pattes, rester dans une lumière tamisée. L'équipe a écouté la vision qu'elle portait avec son compagnon.

Autrement dit, elle se sentait en sécurité. Le cadre n'était pas celui qu'elle avait rêvé, mais il respectait ce qui comptait pour elle.

Jusqu'à un certain moment.


Le moment où le fil se rompt

En plein travail, il y a eu un changement de médecin de dernière minute. Et cette nouvelle personne lui a dit qu'elle était prête à pousser, alors qu'elle n'était qu'à cinq centimètres.

Lilou a donné tout ce qu'elle avait. Puis on lui a annoncé que c'était une erreur. Elle l'a vécu comme une trahison. Sa confiance s'est effondrée, elle est repartie dans son mental, son corps s'est bloqué.

Ce qui était en train de se dérouler tout seul s'est interrompu. La poussée réflexe, ce moment où ce n'est même plus toi qui pousses mais ton corps, a été coupée. Et une fois qu'on la perd, elle est difficile à retrouver. Après dix-sept heures, épuisée, Lilou a demandé la péridurale, et l'accouchement s'est terminé par une césarienne.

Je précise, parce que c'est important : ce n'est pas un échec, et surtout pas le sien. Il y a même eu, au bloc, un très beau moment, avec une équipe accueillante, sa musique, et une personne en qui elle avait enfin confiance.


Femme enceinte penchée en avant pendant une contraction, entourée de cercles lumineux, illustrant le travail, les contractions, la physiologie de l’accouchement et l’intensité de la naissance.

Ton corps sait, mais il a besoin d'un cadre juste

Il y a une image que j'aime, et l'histoire de Lilou l'illustre parfaitement. Ton corps sait accoucher comme un fleuve sait couler. Tu n'as pas à lui apprendre.

Mais si on met un barrage sur le courant, il dévie, la pression monte, et tout part dans tous les sens. Ce n'est pas que le corps de Lilou ne savait pas. C'est qu'il a rencontré un barrage: une confiance rompue, une présence qui ne lui correspondait plus.

Parce qu'il y a quelque chose, dans une naissance, qui n'est pas rationnel. Ton système nerveux capte la vibration de la personne en face de toi. Quand ça ne va pas, ton corps le sent avant toi.

C'est pour ça que je le redis souvent : on peut accoucher de façon physiologique presque partout. C'est plus simple à la maison, parce qu'il y a moins de parasitage. Mais l'essentiel, ce n'est pas tant le lieu que la justesse de la présence.


Choisir la bonne personne, et rester autonome

Quand je lui ai demandé ce qu'elle aurait fait autrement, la réponse de Lilou a été claire : mieux choisir la personne qui l'accompagnait, et être davantage informée.

Elle ne savait même pas, à l'époque, qu'il existait plusieurs options pour un bébé en siège. Elle aurait voulu un accompagnement qui lui dise, en amont, voilà ce qui peut arriver et voilà tes choix.

J'ajoute une chose, parce qu'elle est essentielle. Même la meilleure sage-femme peut, du jour au lendemain, ne plus être là : un accident, un burnout, la vie. C'est pour ça que ta première sécurité, c'est ton autonomie, tes propres connaissances. Elles, elles ne t'abandonnent pas.

Et n'oublie pas ton conjoint dans l'équation. Celui de Lilou s'est pleinement engagé : il s'est informé, il a fait les exercices, il a été là. C'est ça, un vrai soutien.

Enfin, si ton accouchement ne ressemble pas à ce que tu avais imaginé, sois douce avec toi. Il n'y a pas d'erreur, il y a un chemin. Certaines peurs, certaines choses ne se libèrent qu'en leur temps, et ça aussi, c'est juste.


📌 À retenir

  • Ce qui fait basculer un accouchement, ce n'est pas toujours ton corps, c'est parfois la personne qui t'accompagne.

  • Un bébé en siège à sept mois n'est pas une urgence : on a le temps, et l'accouchement par voie basse est souvent possible.

  • L'hôpital n'est pas l'ennemi : un cadre médical peut être doux et respecter ta vision.

  • Ton corps sait accoucher, mais une confiance rompue peut interrompre le processus.

  • Ta première sécurité, c'est ton autonomie : tes connaissances ne t'abandonnent jamais.


Mini FAQ

Mon bébé est en siège à sept mois, dois-je m'inquiéter ?

Non, il est encore tôt et beaucoup de bébés se retournent. Ce n'est pas une urgence à sept mois. C'est le bon moment pour t'informer sur tes options, sans décider dans la panique.

Peut-on accoucher par voie basse d'un bébé en siège ?

Oui, c'est possible dans de nombreux cas, selon le type de siège et ta situation. C'est un sujet à part entière, à discuter avec une personne compétente et alignée avec ton projet.

Comment choisir la bonne personne pour m'accompagner ?

Cherche quelqu'un dont les valeurs correspondent aux tiennes, qui écoute vraiment et qui a l'expérience de ce que tu souhaites vivre. Si tu ne te sens pas en confiance, c'est une information importante à ne pas ignorer.

Pourquoi rester autonome si je suis bien accompagnée ?

Parce qu'un accompagnant peut ne plus être disponible du jour au lendemain, et parce que les choses peuvent changer le jour J. Tes propres connaissances restent ton point d'ancrage quoi qu'il arrive.


Ton corps sait faire. Ce dont tu as besoin, c'est de bien t'entourer, de rester informée et de garder assez d'autonomie pour rester actrice, même si le cadre change en cours de route. Ça ne garantit pas que tout se passera comme prévu, mais ça t'évite d'être seule face à des décisions que tu ne comprends pas.


L'échange complet avec Lilou Macé va beaucoup plus loin, avec sa sincérité, ses nuances et tout ce que sept ans de recul lui ont appris. Regarde l'interview en entier, tu y trouveras une profondeur que ce résumé ne peut pas rendre.

Si tu veux être accompagnée, pas juste “informée”

Si tu veux être vraiment accompagnée, et pas seulement informée, c'est tout le sens du Mastermind de la Naissance™. Parce que la façon dont tu vis ta naissance, tu la transmets à ton enfant : c'est là que tu choisis de lui léguer autre chose que ce que tu as reçu. Pas de promesse d'accouchement parfait, mais une vraie guidance pour rester actrice. Si ça résonne, tu peux poser ta candidature.


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